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Terminus, de Tom Sweterlitsch

2019 - thriller / science-fiction

 

Quatrième de couverture


Depuis le début des années 80, un programme ultrasecret de la marine américaine explore de multiples futurs potentiels. Lors de ces explorations, ses agents temporels ont situé le Terminus, la destruction de toute vie sur terre, au XXVIIe siècle. En 1997, l’agent spécial Shannon Moss du NCIS reçoit au milieu de la nuit un appel du FBI : on la demande sur une scène de crime. Un homme aurait massacré sa famille avant de s’enfuir. Seule la fille aînée, Marian, 17 ans, serait vivante, mais reste portée disparue. Pourquoi contacter Moss ? Parce que le suspect, Patrick Mursult, a comme elle contemplé le Terminus... dont la date s’est brusquement rapprochée de plusieurs siècles.


 

Mon avis


Intrigue : 2.5/5


Dire que le roman commençait si bien !

Pour tout dire, c'est l'un des meilleurs prologues que j'ai pu lire récemment. Le Terminus, cette fin de l'humanité qui se rapproche inexorablement, y est exposé avec maestria, tout en nous présentant la protagoniste principale, Shannon Moss, agent spécial du NCIS.

On rentre aussitôt dans le roman, avec l'envie pressante d'en apprendre plus sur l'origine de ce mystérieux phénomène, et de voir comment les protagonistes vont tenter de l'entraver.


Vous comprendrez donc ma déception lorsque j'ai découvert que le premier chapitre nous ramène au présent, avec la convocation de Shannon sur une scène de crime.

Attendez, sérieusement ?

La fin du monde semble inexorable, elle devient même de plus en plus imminente, et tout ce que font les agences gouvernementales, c'est tenter de résoudre des crimes ?

Alors, bien sûr, on se doute que le crime en question est plus ou moins lié au Terminus, mais rien ne permet de l'affirmer d'emblée, et, surtout, le Terminus n'est alors qu'évoqué en toile de fond, sans que personne ne semble réellement s'en soucier.

Hé ho, les gars, si jamais la fin du monde était proche, ne faudrait-il pas concentrer toute son énergie à trouver une solution pour l'éviter ?


Nous suivons donc Shannon dans son enquête, qui l'amène à voyager dans le futur pour tenter de relever des indices de sa future résolution. J'avoue m'être ennuyé, et même avoir lu certains paragraphes en diagonale. À chaque instant, j’espérais voir resurgir l'urgence du Terminus, et je dirais même que c'est l'unique raison qui m'a poussé à ne pas abandonner ma lecture.

Les amateurs de polar et d'enquêtes apprécieront surement cette histoire, mais ce ne fut malheureusement pas mon cas.


Pour en terminer avec le Terminus (désolé), la fin relève le niveau mais pourra dérouter, aussi je vous conseille de la lire à tête reposée.


Idées : 4.5/5


Le point fort du roman, sans aucun doute.


Pas simple de traiter le sujet des voyages temporels, surtout quand il s'agit de faire des allers-retours. Comment gérer les paradoxes temporels, et surtout exploiter l'idée de manière originale ?

D'innombrables solutions ont déjà été exploitées avec brio par le passé : les univers parallèles comme dans La Cité du Futur de R. C. Wilson, le voyage dans un lointain passé sans retour possible comme dans Les Déportés du Cambrien de Robert Silverberg, la prédestination comme dans Le temps fut de Ian McDonald, la notion de temps propre et d'élasticité temporelle comme dans La Patrouille du Temps de Poul Anderson... La littérature regorge d'exemples.

Pourtant, ici, le pari est réussi, avec l'introduction de la mousse quantique - un réel concept de la mécanique quantique, et non une pirouette scénaristique - permettant uniquement de visiter un futur possible, qui cesse d'exister dès lors que le visiteur regagne le présent. L'idée est fascinante et exploitée à fond.

Les concepts qui découlent de ce postulat temporel, comme les échos et les papillons sous cloches, sont fascinants.

Seul bémol : sachant que le voyage temporel est inconnu du grand public et uniquement maîtrisée par les USA de toute évidence, je trouve tout de même incroyable qu'aucune institution étrangère, ni même un astronome amateur, n'aient repéré les allers-retours en fusée des agents temporels vers leur base secrète, située sur la face cachée de la Lune.


L'autre idée géniale du roman est celle du Terminus, de cette fin de l'humanité qui se rapproche inexorablement. Ainsi, peu de moyens sont réellement déployés pour y mettre fin, les agences gouvernementales préférant se concentrer sur de "simples" crimes (le gros point faible de l'intrigue selon moi, vous l'aurez compris). Au final, on peut presque y voir une métaphore du réchauffement climatique : la fin du monde arrive mais les actions gouvernementales sont bien trop timides, mais je me trompe peut-être.


Personnages : 3.5/5


Le personnage principal est Shannon Moss, que l'on va suivre tout le long du roman. C'est une membre du NCIS, de caractère assez froid et jusqu'au-boutiste, qui sait mettre de côté ses émotions. Un trait de caractère qui colle parfaitement à sa profession mais qui peut quelque peu entraver l'empathie qu'elle dégage et donc l'attachement du lecteur.


Les autres personnages sont souvent rattachés à son enquête, comme Nestor ou Brock, que Shannon va côtoyer à la fois dans la réalité du présent et dans les projections futures qui marquent chacune une évolution particulière des personnages.


On pourra également noter le personnage de la mère de Shannon, avec laquelle elle développe une relation particulière, de par le fait que ses nombreux voyages dans les futurs alternatifs où elle peut rester plusieurs années la font vieillir tant et si bien que son âge se rapproche de celui de sa génitrice.


Style : 4/5


L'auteur a une écriture fluide qui se lit bien, même si les descriptions se font désirer, tout comme les figures de style.

On retrouve d'ailleurs le même contraste ressenti au niveau de l'intrigue, entre le prologue, bien écrit à tous les niveaux, et le reste du roman, un peu plus "clinique".

C'est simple et efficace, mais ça peut manquer un peu de poésie : "Il portait les mêmes vêtements froissés que la veille au soir : peut-être s'était -il aspergé le visage d'eau fraîche avant cette réunion, et avait-il mis de l'eau de Cologne, mais il ne s'était pas douché, n'avait pris aucun repos. Couvert de transpiration, il avait sous les yeux des poches couleur prune qui ressortaient fortement sur sa peau sombre." (p. 65)


En bref :

Les idées déployées dans ce Terminus sont fascinantes et bien exploitées. Par contre, le côté thriller, s'il ravira sans doute les amateurs d'enquêtes sordides, contraste trop fortement avec les idées SF développées dans le roman, même si les deux sont évidemment liés.


NOTE GLOBALE : 3.5/5


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