Interview d'Iman Eyitayo


Aujourd'hui, je vous propose de découvrir une auteure : il s'agit d'Iman Eyitayo.

Née en 1988 au Bénin, Iman est une hyperactive touche-à-tout et autodidacte qui aime apprendre, voyager, découvrir des langues étrangères, écouter de la musique, regarder des séries de toutes origines, dessiner de temps en temps et jouer à des RPG japonais.


Et, parfois, elle écrit aussi.

Souvent, même, puisqu'elle possède déjà une vingtaine de romans à son actif !


J'ai déjà pu la rencontrer au détour de salons littéraires, durant lesquels elle ne manque pas d'arborer de magnifiques robes traditionnelles.


À l'occasion de la sortie du tome 2 de Voyageuse, je vous propose d'en savoir plus à son sujet. Iman s'est prêtée au jeu de l'interview pour votre plus grand plaisir.



Bonjour Iman, peux-tu te présenter brièvement pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Iman, 32 ans, auteure ecclectique des genres de la SFFF (et tout récemment aussi de la romance) pour tout public : jeunesse, ados, young adult et adultes ! Oui, j’aime bien toucher à tout ! Une de mes spécificités est d’essayer d’introduire une dimension multiculturelle (et j’espère originale) à tout ce que j’écris, que ce soit via les personnages, via les systèmes de magie, via les pays ou univers où se déroulent les histoires, etc. : un simple reflet de ma propre expérience de la vie en tant que citoyenne du monde.


Le tome 2 de Voyageuse est sorti le 21 novembre 2020. Peux-tu nous en dire plus sur ce second tome ?

Que dire sans spoiler ?

Le tome 1 de Voyageuse nous plonge dans un monde et une aventure singulière dont je ne peux rien dire ici ! Les seuls indices que je laisserai filtrer sont les suivants : mythologie peu commune, des gens à libérer, ambiance onirique, des personnages aux noms et aux origines inhabituels, beaucoup de combats de suspens et de magie !

Dans le tome 2, on change radicalement d’ambiance, simplement parce que l’aventure se poursuit majoritairement sur un terrain plus connu : notre bonne vieille Terre. Ici, on retrouve Kanyin, l’héroïne, à Shanghai (Chine) pour une enquête particulière visant à retrouver un être cher qui a disparu. Tous les indices qu’elle récoltera et les obstacles sur son chemin lui apprendront que les péripéties du tome 1 n’étaient qu’une belle entrée en matière… un danger plus grand les menace.



Est-ce qu’il clôture la saga Voyageuse, ou au contraire fera appel à une ou plusieurs suite(s) ?

La saga Voyageuse est prévue sur 3 tomes, alors ce 2nd tome ne clôture pas la saga ! Je viens toutefois de commencer sur le tome 3 et espère pouvoir le livrer « rapidement ».


Parlons un peu de ta série Cœur de Flammes, ton œuvre la plus conséquente.

Est-ce que tu considères qu’elle est finie, ou as-tu de nouvelles idées pour l’enrichir d’un nouveau tome ?

La saga principale est bel et bien finie, MAIS (car oui il y a un mais) j’ai des idées pour écrire une autre histoire dans le même univers, avec un des personnages secondaires comme personnage principal. L’histoire se passerait après les évènements se passant dans Cœur de flammes et on y retrouverait beaucoup des personnages de la quadrilogie originelle. En fait, c’était prévu dès l’écriture du tome 4 mais, ayant été prise par des tas d’autres projets, je n’ai pas encore eu le temps de m’y consacrer (même si un chapitre a été écrit et qu’il dort quelque part dans mon ordinateur… LOL).


Le premier tome fut réédité aux éditions Ada en 2019.

Comment s’est passé cette expérience ? Y a-t-il un agenda pour la réédition des autres tomes ? Est-ce qu’il s’agit d’une copie intégrale du texte d’origine, ou bien es-tu passée par une phase de réécriture ?

Le second tome a aussi été réédité par Ada en Mars 2020, mais il a été un peu « étouffé » par l’arrivée du fameux coronavirus… Il était prévu de rééditer le tome 3 et tome 4 dès l’an prochain, mais pour l’instant le projet a été suspendu à cause de la situation actuelle. Je crois qu’ils attendront d’écouler un maximum des 2 premiers tomes avant.

Niveau contenu, c’est tout pareil. J’ai dû passer par une phase de correction de la forme, mais pas de réécriture du fond.


Tu as amorcé la traduction de cette série en anglais (Breath of Fire).

Comment s’est déroulé cette expérience ? Est-ce que tu as pour projet de poursuivre la traduction de tes romans ?

Ce fut une expérience unique dans tous les sens du terme. Elle m’aura beaucoup appris, et je suis ravie de l’avoir fait. Toutefois, il est important d’acquérir un public anglophone, ce qui n’est pas simple quand on vit en France et qu’on n’a pas un éditeur local. Pour cette raison, je ne compte pas, à court terme, publier d’autres « gros » ouvrages en anglais.

Je viserai plutôt des nouvelles (J’ai d’ailleurs publié « L’appel du destin » en anglais sous le nom « A mysterious call »), en attendant d’avoir peut-être un jour une meilleure « assise » au sein du monde anglophone.



Parlons un peu d’écriture. Est-ce que tu es plutôt jardinière ou architecte ?

Jardinière, sans hésiter. Encore que je me retrouve parfois à jouer les architectes en milieu de projet, lorsqu’il s’agit de sagas notamment !


Dans le processus d’écriture, qu’est-ce qui te plaît le plus ? Et le moins ?

Ce qui me plaît le plus, c’est sans doute la phase de création pure : le passage de l’idée à l’histoire, le moment où je jardine justement à poser des scènes et des personages sans savoir où elles me mèneront. On donne vie à ses personnages, on navigue au fur et à mesure dans un océan d’incertitudes qui se résolvent les unes après les autres.

Une fois que le texte est posé et qu’il faut le remanier et jouer à l’architecte, c’est moins drôle mais ça va encore. Le pire pour moi reste la correction de forme.. je déteste tout particulièrement traquer les répétitions, LOL.


Tu es une auteure extrêmement productive, sans compter toutes tes activités annexes qui doivent te laisser un temps d’écriture réduit.

Quel est ton secret ? Comment t’organises-tu ?

Honnêtement, on me pose souvent la question mais je ne sais pas excatement. À mon avis, ça se joue à plusieurs niveaux :

- la plupart du temps, l’écriture est ma priorité (mais je réduis de plus en plus, car ma santé doit passer en premier !)

- j’ai beaucoup d’idées (que le Ciel me vienne en aide, je n’aurai jamais le temps de tout écrire !)

- quand je commence un projet, je me fixe toujours une deadline qui me motive

- je travaille toujours sur 2 projets à la fois (un en phase d’écriture, l’autre en phase de réécriture ou correction)

- mes lecteurs me mettent une pression pas possible ! (arrêtez, les gens, c’est chaud… LOL)

- je tape vite (on m’a souvent fait la remarque au travail), ce qui fait que si j’écris une heure par exemple, j’aurai tendance à écrire plus que la moyenne des gens

Il faut noter aussi que je n’écris pas toute l’année, contrairement à ce qu’on pourrait penser. J’ai besoin de grosses pauses. En général, j’écris beaucoup sur 1 mois, puis plus rien pendant 3 ou 4 mois, et ainsi de suite. J’écris assidument environ 3 à 4 mois dans l’année : le reste du temps, je fais en tâche de fond soit de la correction soit du retravail de fond d’un projet déjà écrit.


Je sais que tu lis beaucoup, pour ne pas dire énormément. Penses-tu qu’un auteur doive lire beaucoup pour bien écrire ?

OUI ! Pour moi, c’est même vital.


Je sais également que tu maîtrises le mandarin. Est-ce que tu as déjà eu l’occasion d’aller en Chine pour le parler avec ses habitants ?

Et, si oui, qu’as-tu pensé des accents des différentes provinces, chacune possédant leur propre dialecte, parfois très différent du mandarin ?

Oui, j’ai déjà eu l’occasion de parler mandarin en Chine, même si ça commence à faire longtemps !

En effet, les accents diffèrent pas mal et c’est parfois compliqué les accents du nord versus ceux du sud, etc. Je n’y ai été confronté que lors de mes courtes excursions hors de Shanghai et vu que je n’étais pas préparée, ça a été assez comique. Mais au bout d’un moment, j’ai compris qu’ils prononçaient les zh, zh, z, s différemment et j’ai pu m’en sortir J

Pour les dialectes, heureusement ils ne le parlent que entre eux ! Par contre, dans les films/séries chinois ou taïwanais, j’entends parfois les dialectes (surtout dans les films Taïwanais). Je connais même certains mots en dialecte de Taïwan par exemple à force, LOL.


Une question d’actualité pour terminer.

Au moment de cette interview, la France est confinée pour la seconde fois. Est-ce que cette période hors du commun t’inspire en tant qu’auteure ?

Le confinement ne m’inspire pas plus ou moins qu’une période d’écriture normale. J’ai en théorie plus de temps pour écrire, ce qui fait que durant le premier confinement j’ai essayé d’écrire souvent, mais pour ce 2e confinement, je n’ai aucune motivation (et je suis surmenée au travail avec ça…), alors je fais avancer des projets qui sont en cours de correction ou de réécriture plutôt que d’écrire. Ca me permet aussi d’avoir plus de temps pour me reposer un peu (il faut bien !)



Le mot de la fin ?

Pour tous les curieux, tous mes livres sont disponibles en papier et numérique partout en ligne et en commande chez votre libraire, à l’exception de quelques nouvelles, disponibles uniquement en numérique. J’ai même quelques nouvelles disponibles en audio, certaines lues par moi ;)

Voilà, vous savez l’essentiel je crois. Si vous voulez en apprendre davantage, sachez que je ne mords pas, alors passer me faire un coucou sur mes réseaux sociaux !

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